Il ne veut pas assumer notre enfant qui arrive
Dimanche 5 décembre 2010Je suis désespérée. Je vais mettre un enfant au monde dans deux mois, sans son papa pour me tenir la main, parce qu'il n'a pas voulu de lui. Mon seul crime a été de choisir de garder mon enfant. Et il m'a abandonné pour ce choix. Nous avons tous les deux 25 ans et nous sommes en âge de prendre en charge un enfant, même si nous sommes encore jeunes. Il travaille. Il a même une très bonne place dans une boite de marketing, et moi, je suis secrétaire dans un cabinet dentaire depuis an. L'enfant n'était pas prévu. C'était un accident. Nous étions ensemble depuis trois ans quand ça nous est arrivé et en ménage depuis seulement six mois. Lui et moi nous sommes toujours très bien entendus et avons toujours parlé de tout. Je savais qu'il était encore très réticent sur le fait d'avoir des enfants. Il me disait toujours qu'il en voudrait, mais plus tard. Il voulait encore profiter de sa jeunesse. Déjà que le commencement de notre vie dans le même appartement avait été difficile de lui faire accepter, mais l'enfant, c'était pire que tout. Quand il arrivait qu'on entame la discussion d'une grossesse accidentelle, il me disait toujours qu'il espérait que je le ferai partir parce qu'il ne voulait pas qu'un incident de ce genre lui brise les plans qu'il avait fait dans sa vie. Je savais donc que si cela arrivait, la décision serait bien difficile pour moi.
Et ce jour est arrivé il y a quatre moi. Quand je l'ai appris, j'étais déjà en ceinte de deux mois, mais avec la pilule, j'ai continué à avoir mes règles le premier mois et je ne me suis aperçue de rien. Le second mois, inquiète, je suis allée faire une prise de sang. J'avais oublié une fois la pilule mais le risque devait être minime puisque je la prenais depuis quelques années. La nouvelle m'est tombée dessus comme la foudre. J'étais heureuse et en même temps, je redoutais la réaction de mon homme. Mais je me suis dit que peut-être que devant le fait accompli, il réagirait autrement. Je me faisais de belles idées. J'ai mis plusieurs jours avant de pouvoir le lui dire. J'ai été dégouté de sa réaction. Tout de suite, il m'a demandé ce que je comptais faire. Je lui ai répondu que j'avais besoin d'un peu de temps pour réfléchir mais qu'il me restait seulement quelques semaines pour prendre ma décision. Il m'a tout de suite dit qu'il espérait bien que je ne comptais pas le garder. Je lui ai donc parlé de mes peurs sur l'avortement, mais il n'a rien voulu entendre. Pour lui, on est trop jeune pour assumer, et on en aura plus tard. Quand il a compris que je n'étais pas trop emballée pour le faire partir, il m'a posé un ultimatum. Je lui en voudrais toute ma vie pour ça. Il m'a demandé de choisir entre lui et le bébé. On s'est alors disputé et je lui ai dit qu'il n'avait pas le droit de me faire choisir, que ce bébé était aussi son enfant et qu'on l'avait fait ensemble. Il ma clairement dit qu'il ne se sentait pas concerné par cette grossesse et qu'il m'a toujours dit qu'il n'en voulait pas maintenant,. Il ne voulais pas revenir sur sa décision. Néanmoins, ça l'embêtait que je décide de le garder parce qu'il vivrait très mal l'idée d'avoir un enfant "dans la nature".
Je ne savais plus quoi répondre. Je me sentais perdue. J'avais le choix de garder ma vie d'avant avec dans la tête, l'idée que j'allais tuer mon enfant pour son confort à lui, ou alors de garder l'enfant mais de l'assumer seule, sans père et sans petit ami. Le choix a été vraiment très difficile, mais je ne pouvais pas me résigner à tuer le bébé, simplement parce que lui me l'imposait. Pas une discussion, ni une parole réconfortante à mon égard. Pas d'entourage de sa part. C'était comme si j'avais fauté, peut-être même pire que si je l'avais trompé avec un autre. Je lui ai donc fait part de ma décision la semaine suivante et il m'a dit qu'il quitterait l'appartement d'ici peu. J'ai continué à espérer qu'il change d'avis mais à partir de ce moment là, il n'a plus voulu me parler. Avant de partir, il m'a souhaité bonne chance et m'a dit qu'il espérait que je sois heureuse dans la vie. Il s'est excusé de ne pas se sentir capable de pouvoir être là, mais qu'il était rassuré parce qu'il me savait forte et courageuse. Depuis, je finis ma grossesse dans notre appartement qui est imprégné de sa personne et je souffre de son absence. Je dois beaucoup à mes parents qui sont toujours là pour me soutenir, mais j'avoue que j'ai parfois du mal à rester courageuse comme il le pense. Je me dis que je dois tenir le choc pour le petit bout qui va venir, mais il m'arrive souvent de souhaiter ne plus vivre. Je me sens trahie, abandonnée et je me demande ce que sera ma vie en tant que fille mère. Je n'ai plus aucunes nouvelles de lui et je suis quasiment certaine qu'il ne voudra même pas connaitre l'enfant. Je me demande vraiment parfois si j'ai bien fait le bon choix. Mais je sais une chose, c'est que je n'aurai pas supporté un avortement contre mon gré et que je n'aurai pas pu lui pardonner de m'avoir imposer ça, autant que je ne lui pardonne pas d'avoir fui.


