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Elle a brisé son couple en trompant son mec

Mardi 29 décembre 2009

Après plusieurs années en couple avec un mec qu'elle considérait surtout comme un très bon ami, elle décide d'aller voir ailleurs puis se rend compte, mais trop tard, que c'était une erreur.

Ça faisait 3 ans que j'étais avec mon mec. Lui et moi on est resté longtemps de simples amis avant de se mettre ensemble. On voulait apprendre à bien se connaitre avant de faire le choix de passer à la vitesse supérieure, parce que pour lui comme pour moi, des bases solides et une parfaite entente sont primordiales dans un couple. Notre histoire a très bien fonctionné la première année, mais je dois avouer ensuite que je me suis lassée d'être toujours avec le même homme. Après un moment, la petite flamme qui brule, les fourmis dans le bas du ventre pendant une étreinte, l'envie terrible de l'embrasser, tout ça s'efface et c'est la routine qui vient prendre le dessus. Peut être que notre première erreur a été de se mettre en ménage tout de suite et de mettre un enfant en route. Il était toujours parfait, c'est un père exemplaire et il me soutenait dans tout ce que j'entreprenais ( je suis danseuse), mais le hic, c'est que l'habitude s'est installé, et je ne ressentais plus le désir en lui comme avant. Nous ne faisions qu'occasionnellement l'amour, et ce n'était plus l'extase totale. Pour moi, ca semblait si important que tout soit parfait au moins à cet instant là. Mon erreur a été de ne pas chercher où pouvait se trouver le problème, mais de tout de suite me braquer. Il n'a pas envie de moi, alors moi non plus.

Au fil du temps, nous sommes devenus plus des amis. Il aimait que nous sortions ensemble, mais j'avais plutôt l'impression d'avoir le statut de trophée, ou de mère de sa fille, plutôt que celui de femme... De SA femme. Alors je me suis mise à regarder ailleurs. Je cherchais en dehors ce qui me manquait chez moi. Quelqu'un qui aurait pour moi de la considération. Je me suis mise à surfer sur les sites de rencontres en son absence et j'ai fait la connaissance d'un homme marié. Le courant passait très bien, mais les choses étaient claires, si on se rencontrait, ce ne serait que sexuel, car, aussi étrange que cela puisse paraitre, je ne voulais en aucun cas me séparer de mon ami. J'avais juste envie de connaitre à nouveau, pour une fois le grand frisson. Je ne me doutais pas de ce qui allait se passer. J'ai donc accepté de rencontrer une première fois cet homme marié dans un café. C'était facile pour moi puisque mon ex petit ami était en déplacement. L'homme en question ne m’intéressais pas plus que ça, mais al quête du nouveau a été plus forte que tout, et j'ai trompé mon ami avec lui. Je me suis engouffrée dans une double vie qui a duré 6 mois. Et un soir, mon ami a découvert le pot aux roses. J'avais donné rendez-vous à mon amant chez moi et il nous a surpris. C'est là que j'ai tout compris. C'est lui que j'aime. Il n'a pas sorti un mot de sa bouche. Il est resté planté là un moment, l'air choqué, et il est parti.

Je ne l'ai pas revu depuis. J'ai essayé de lui téléphoner des centaines de fois. Je lui ai laissé des messages, mais aucune réponse. Je crois qu'il m'en veut réellement, et que j'ai tout gâché. Je me rends compte à quel point j'ai été stupide. Tout est ma faute. J'ai essayé de lui expliquer que ce que j'ai fait c'est parce que je ne me sentais plus désirée ou considérée par lui, mais il reste sans réponse. Je pense que j'aurai du lui parler de nos problèmes avant d'agir bêtement. Je me rends compte, maintenant qu'il est trop tard, que j'ai perdu un homme en or et que je l'aimais réellement. Je n'ai aucune excuse bien sure et je sais qu'il souffre à cause de moi. Je comprends qu'il m'en veuille mais je ne sais pas quoi faire pour qu'il puisse me pardonner mon erreur. Depuis cet incident, je ne vois plus l'homme marié. Ma seule hantise c'est de me dire que j'ai surement perdu l'homme de ma vie pour toujours, pour une histoire de fesses sans lendemains. J'ai vraiment agi comme une idiote. Je sais que je le reverrai parce qu'il n'abandonnera jamais notre fille, mais j'ai peur que l'on devienne de simple parents étrangers l'un pour l'autre. J'ai l'impression que mon cœur va exploser. Il me manque tellement et je voudrais pouvoir effacer toutes les erreurs que j'ai commises. Comment faire pour qu'il me comprenne? Comment m'y prendre pour qu'il me pardonne. Je ne supporte pas de lui faire de la peine, et le pire, c'est que mes actes me brisent aussi le cœur. Ma vie s'est écroulé il y a trois semaines et il aura fallu qu'il découvre a quel point j'étais une horrible femme pour comprendre que je n'ai d'yeux que pour lui, que sans lui je ne suis plus que l'ombre de moi même. Sans lui je ne vaux rien. Je ne fais plus que penser à lui. Je n'ai même plus envie de me lever le matin, de me faire belle. Les hommes ne m'intéressent pas. C'est lui ou je resterai seule jusqu'à la fin de ma vie. L'erreur est humaine même si je sais que ce que j'ai fait est immonde... Mais est-ce que je n'ai pas le droit au pardon? Si seulement il voulait bien me parler, ne serait-ce qu'une seule fois. Se mettre en colère ou même me gifler. Me dire que je suis une salope. Une seule réaction... C'est tout ce dont j'ai besoin.

L’amour avec un grand A?

Lundi 21 décembre 2009

Nous publions aujourd'hui le témoignage de Julie, jeune demoiselle de vingt-cinq ans qui nous narre ses difficultés amoureuses passées.

Salut, je m'appelle Julie et je voudrais témoigner de mon histoire. J'ai vingt-cinq ans, je vis en couple depuis deux ans et tout va très bien dans ma vie. Il y a trois ans, je n'aurais jamais pensé pouvoir dire ça un jour. A l'époque, j'étais en couple avec un autre garçon. On s'aimait passionnément, avec tous les inconvénients que cela apportait. Nos disputes étaient tout aussi intenses que nos réconciliations. Quand j'y repense, c'était l'enfer mais je croyais dur comme fer à l'époque que c'était ça l'amour avec un grand A. Pourtant, on ne pouvait même pas vivre ensemble tant les petits travers de l'un insupportaient l'autre. Pas de soirée télé en amoureux, on ne se voyait que dehors, nos chambres respectives étant réservées à d'autres activités que la discussion. Je pense que j'étais dépendante de ce garçon car je me croyais aimée avec passion. Au final, ce n'était pas le cas puisqu'il en aimait d'autres avec la même fougue en même temps que moi.

Ces tromperies, je ne les ai sues que bien plus tard, ce n'est pas ce qui a causé la rupture. Je me rendais compte que quelque chose n'allait pas quand je passais des soirées chez des couples d'amis. Je mourais d'envie quand je les voyais se chamailler gentiment pour des bricoles du quotidien. Cela me paraissait un peu stupide et je revendiquais le fait de ne pas connaître ça alors qu'intérieurement, cela me manquait vraiment. A force de ne rien avoir en commun avec ce type, ma relation m'apparaissait de plus en plus absurde. Il y a eu la dispute de trop, à cause d'une remarque sur ma façon de m'habiller. Il m'avait reproché de m'habiller de façon sexy pour aguicher d'autres mecs. C'était stupide, je voulais juste lui plaire. Il m'a insultée ce jour là alors j'ai lâché l'affaire, du jour au lendemain. J'ai coupé les ponts sans lui donner la moindre explication. Sa seule vue m'insupportait, je le trouvais horrible, physiquement et mentalement. Malgré ma pauvre fierté de ne pas avoir été celle qui se fait larguer, j'ai beaucoup souffert de cette rupture. Je ressentais le manque vis-à-vis du contact physique et le sevrage a été long et douloureux. Je me sentais trahie dans le respect qu'on pouvait avoir envers moi en tant que femme. Cela m'a rendu malade et ma confiance en moi en a pris un sacré coup. J'avais le sentiment d'être incapable de réussir ma vie et la moindre contrariété du quotidien m'apparaissait comme un obstacle insurmontable. C'est à cette période que Paul, mon compagnon actuel, est réapparu dans ma vie. Je le connaissais déjà depuis quelques années mais ce n'était qu'un ami. Dans cette période de doute et de détresse, il a été présent. J'étais la funambule tombant de son fil et il a été le filet. D'abord il m'a soutenue, par sa seule présence, il a tout fait pour me changer les idées. Puis il m'a aidé à reprendre confiance en moi, petit à petit jusqu'à me présenter des amis à lui et là, ce fut le déclic. Je ne voulais pas de ces types, chacun d'eux me rappelaient mon ex sur un point ou l'autre. Je faisais bonne figure lors des rencontres mais chaque fois que je rentrais chez moi, je rentrais en larmes et m'effondrait sur mon lit. Je n'arrivais pas à comprendre ce qui se passait en moi. Je me sentais minable de réduire à néant tous les efforts de Paul.

Au fil du temps, j'ai cessé de l'appeler et j'ai cherché à l'éviter. Je ne voulais pas qu'il me confronte à la réalité. A l'époque, je pensais que cette réalité était que je ne pourrais qu'être une apparence, un beau corps de femme à vendre au plus offrant. Lui m'avait connu dans le pire état, quand je ne mangeais pas, ne prenait plus soin de moi. Il m'a connue avec les yeux rouges et bouffis, en pyjama devant la télé à m'empiffrer de cochonneries pour tout oublier. Tout ça, ça a été le déclic. Je me suis rendue compte que je voulais partager ma vie avec un homme qui m'aimerait telle que je suis, quelqu'un devant qui je n'aurais pas de rôle à jouer pour être parfaite, un homme avec qui je pourrais me lâcher sans jugement. Cet homme, c'était lui. Quand je m'en suis rendue compte, ça a été un choc. Je ne voulais pas l'admettre. Lui n'arrêtait pas d'essayer de me joindre, toujours en vain, jusqu'au jour où il a fait le pied de grue devant mon appart jusqu'à ce que je sorte. Là, il m'a simplement dit qu'il donnerait tout pour que je sois heureuse, parce qu'il m'aimait et qu'il ne voulait que mon bonheur. Timidement, je lui ai répondu que mon bonheur, c'était lui et personne d'autre.
Nous avons alors réappris à nous connaître, comme deux adolescents. C'était étrange mais tellement agréable. J'ai compris alors que j'avais peur d'aller plus loin avec lui car j'avais peur de perdre un ami mais notre relation actuelle dépasse toutes mes attentes en matière de bonheur. Finalement, même si j'ai eu le sentiment d'être au fond du trou, j'ai compris qu'on pouvait toujours donner un grand coup de pied pour redémarrer et que la vie nous donnait parfois des coups de pousse. Dire qu'il y a quelques années, je pensais que je ne serais jamais heureuse en couple, que l'amour ne faisait que détruire ! Heureusement que j'ai changé, que j'ai pu guérir de ma rupture horrible et me faire une image différente des hommes, du couple, de l'amour. Le bonheur est parfois à portée de main, mais à force d'idéaliser les choses, on passe à côté de l'essentiel, de ce qui compte vraiment.

Aujourd'hui, je vis dans le bonheur, et enfin je me chamaille sur qui doit descendre les poubelles. Je vis mon couplé dans une osmose parfaite qui fait des envieux. A eux de trouver la petite étincelle qui rendra leur vie aussi merveilleuse que la mienne.

Une rupture comme une autre

Mardi 17 novembre 2009

La rupture de Julie qui pensait avoir trouvé l'âme soeur. Elle raconte ses quatre années d'amour avant la fin d'une relation sentimentale en laquelle elle avait cru.

Il n'y a pas grand chose à en dire. C'est une histoire comme une autre, une rupture comme une autre. Je veux juste savoir comment faire pour oublier, comment tourner la page. Comment dormir la nuit sans rêver de lui ou encore comment ne pas y penser.

Ça faisait quatre années qu'on était ensemble. Durant ces quatre années, il y a eu des hauts comme des bas. Mais globalement, je peux affirmer qu'on s'entendait bien et qu'on partageait plein de choses. Par exemple, on aimait tous les deux l'animation japonaise, la musique et manger au restaurant. Les deux premières années ont été superbes. On se voyait tous les jours et en règle générale on s'amusait bien. Et puis il est parti faire son stage de fin d'étude à Paris. A partir de là, on ne s'est plus vu que les week-ends. Il revenait le vendredi soir et repartait le dimanche. Il fallait alors s'organiser pour réussir à voir sa famille et la mienne tout en ne négligeant pas notre couple. On ne vivait pas ensemble. J'ai un appartement étudiant dans la ville où j'étudie et lui un appartement dans Paris. Cette situation qui devait être éphémère est devenue notre quotidien. Je l'ai accepté parce que je voulais qu'il soit épanoui dans ce qu'il faisait et qu'il n'ait pas à me reprocher plus tard que je l’empêchais de faire ce qu'il aime. Peut-être que c'est ça mon tort, peut-être que je n'aurai jamais du être compréhensive.

Bref, deux mois avant notre séparation, je l'ai trouvé très étrange. Il avait changé. Il ne me parlait plus comme avant. J'étais devenue son pote. Plus de câlins, plus d'attention comme un homme amoureux. Il était sans cesse en train de me reprocher que je ne comprenais pas son sentiment envers la musique. Il me disait aussi les moments où on riait qu'on aurait fait de superbes amis. Je sentais bien que quelque chose se tramait et comme je devais partir quelques mois dans un autre pays pour mes études, je voulais crever l'abcès avant. Sauf que lorsque je lui en parlais, il me disait que je me faisais des idées. Un jour, au téléphone, je lui ai demandé clairement s'il m'aimait encore et il m'a répondu qu'il ne savait pas. La veille de mon départ, il s'est montré très tendre et je me suis dit qu'au final, mon départ allait peut-être ressouder ce qui s'était brisé sans que je ne fasse quoi que ce soit.

En fait, c'est tout le contraire. Une fois partie, il a attendu une semaine pour me demander un break de deux mois que j'ai refusé, ce qui a fini sur une rupture. Autant dire tout de suite que ces deux mois à l'étranger ont été un véritable cauchemar. Je devais sans cesse me montrer heureuse et souriante alors que j'avais juste envie de pleurer, de m'allonger et de ne plus me relever. Quand je suis revenu, j'ai du insister pour enfin avoir une explication.

Je n'ai rien fait... Ce n'est pas moi, c'est lui. Il est perdu. Il ne peut plus assumer notre histoire de couple. Ses sentiments ont changé. Pourquoi? Pour rien! Comme ça! Paf, une lubie! J'étais sure qu'une autre fille se cachait derrière tout ça. J'ai fait mes recherches bien approfondies mais je n'ai strictement rien trouvé. Pendant un moment on ne s'est plus parlé. Aujourd'hui ca va faire 5 mois que l'on est séparé et on se reparle régulièrement. Il m'envoie des mails tous les jours, on se téléphone et on se voit même. Il se montre très gentil, m'offre des cadeaux et je n'arrive pas à cerner... Est-ce pour se déculpabiliser? Est-ce qu'il m'aime encore? Y a t-il un moyen pour que je le récupère?

Le pire de tout c'est que je ne pensais vraiment pas réagir comme ça. Je pensais que le fait de partir allait m'aider à l'oublier. Je ne pensais pas l'aimer autant. Je dis toujours qu'il n'est pas l'amour de ma vie. J'en ai aimé seulement un comme une folle et je ne l'ai pas gardé. Mais je pense que je fais fausse route. Je ne sais pas comment faire pour l'oublier et m'intéresser à quelqu'un d'autre. Les autres hommes me paraissent fades. Il faut toujours que je les compare. Et comment faire pour retrouver autant de complicité avec quelqu'un d'autre? Comment partager autant de choses? On aimait la même chose. On pouvait parler de tout. Il m'avait soutenu à la mort de mon meilleur ami comme personne ne l'aurait fait. Quand je suis loin de lui et que j'y pense, je ne peux m'empêcher de dire que c'est un connard. Mais en face de lui, je perds toute volonté. Je n'arrive pas à lui en vouloir et pourtant, au fond de moi je le déteste de m'avoir abandonné comme ça, et d'être tout mielleux. Je suis sure que lui non plus ne peut pas se passer de nos moments, et pourtant, quand je lui parle d'un éventuel retour, il esquive le sujet. Il fait comme si je n'avais rien dit ou demandé. Il ne parle pas de ce qu'il ressent, comme si il n'en avait rien à foutre? Est-ce qu'il essaie réellement de faire de moi sa simple amie? Je ne veux pas être une simple amie! Des amis j'en ai des tas! Je veux qu'il soit mon petit ami. Comment faire pour qu'il comprenne et qu'il revienne. Rien que le fait de penser qu'il pourrait se mettre avec une autre, je deviens folle.

La curiosité est un vilain défaut

Dimanche 8 novembre 2009

Un chagrin d'amour à Lille. Pamela nous raconte comment elle s'est fait avoir par un garçon qu'elle pensait amoureux d'elle.

Les yeux rivés au sol, je compte les écailles de la rue de Béthune, longue voie pavée et animée, cœur commercial de Lille. Cela fait deux mois que je vis ici, je ne connais personne ici, à part lui, enfin, connaître est un grand mot. J'ai quitté Paris et ses lumières, mon travail, mes amis et ma famille pour lui.  Lui et ses yeux d'un bleu limpide, son large sourire que je pensais m'être exclusivement réservé. J'ai été stupide, peut-être, ou simplement amoureuse…

Je me souviens, c'était il y a un an. Baladeur sur les oreilles, écharpe sur le nez, je fonçais tête baissée hors du métro à Châtelet.  A Paris, on s'habitue vite aux bousculades et je n'ai pas fait attention cette fois-là. Je n'ai même pas sursauté quand il est venu tapoter mon épaule pour me rendre mon portefeuille miraculeusement apparu dans sa main. Je venais d'essuyer une averse et une nuit blanche, les cheveux sales, les yeux cernés, je ne m'étais jamais sentie aussi moche mais lui avait semblé s'en ficher.

Son sourire en coin révolver et son regard percèrent mon cœur, ses doigts effleurant les miens. J'avais eu la présence d'esprit de vouloir le remercier d'un café. En y pensant, j'aurais mieux fait de me mordre la langue. Plus tard, j'ai appris que c'était lui qui m'avait volée, pour attirer mon attention, j'aurais dû comprendre à ce moment là qu'il n'était pas tout à fait sain d'esprit.

Suite à cette rencontre, je n'avais eu de cesse de penser à lui, son allure désinvolte, son habileté à parler de tout et de rien en dégageant pourtant un charisme incroyable. C'était dingue, je comprenais à peine ses mots les plus simples tant sa présence magnétique brouillait mes perceptions. Encore aujourd'hui, je suis sous influence, je le sens, car lorsqu'il m'a dit tout à l'heure "Tu n'en vaux pas la peine", je n'ai même pas été capable de comprendre tout de suite l'acidité de ces mots.

Aujourd'hui encore, il pleut. Les couples se serrent sous de multiples parapluies colorées, certains rient, d'autres adoptent une expression de circonstance par ce temps. Nul ne me voit pleurer, mes larmes se mêlent à l'averse. J'ai froid. Je sers mon sac contre moi comme une peluche. J'ai mal. Rien ne parvient à apaiser mon cœur douloureux.

Nous nous sommes vus régulièrement pendant trois mois, jusqu'à ce qu'il me dise vouloir retrouver sa région. Je n'ai pas réfléchi une seconde, j'ai négligé les avertissements de mes amis et je l'ai aussitôt suivi. J'avais trouvé raisonnable sa volonté de ne pas vivre avec moi, après tout, notre couple était tout jeune, et j'ai loué un studio minuscule prêt de la gare.  Je n'ai jamais retrouvé de travail. Lui me promettait être sur "un gros coup" selon son expression. En attendant, je le dépannais du mieux que je pouvais. Cela m'importait peu car s'il était heureux, moi je l'étais deux fois plus.

J'ai froid à présent.  Je ne veux pas retrouver les murs exigus de mon appart. Il y a trop de souvenirs : nos photos, ses post-its sur le frigo, sa tasse préférée encore sur l'évier, le canapé-lit où nous faisions l'amour… Tout s'est fait petit à petit et j'étais aveugle. Son regard posé sur moi voyait plus loin que l'apparence, jusqu'aux trois pauvres chiffres de mon compte en banque. Je n'ai jamais été riche, ni n'en ai eu l'allure mais cela lui importait peu. Mieux valait une série d'amoureuses suffisamment naïves pour l'entretenir qu'une seule. Il visait sans doute la sécurité en agissant de la sorte mais c'est ce qu'il a perdu. La curiosité est un vilain défaut, il lui a suffi d'une faille dans son plan si parfait.

Ce matin, je me suis réveillée seule. Une fois de plus ou de trop, il est parti en pleine nuit mais cette fois-ci, il a oublié son portable. Ma première intention avait été de chercher un numéro où le joindre, de type parent ou boulot. Dans une liste comprenant presque exclusivement des "blonde 1", "blonde 2", "rousse de Lomme" ou autre, j'étais bien loin de trouver mon bonheur. En me reconnaissant dans "La parisienne", j'ai subitement compris : j'étais un numéro dans une liste, rien de plus…

J'étais déterminée à le retrouver où qu'il puisse être et par ironie du sort, c'est en quittant le métro que nos épaules se sont bousculées. Pour la première fois, j'ai vu son sourire factice, répété à la perfection comme un rôle savamment appris. Il n'a même pas remarqué mon émoi, pas avant que je n'ouvre la bouche et lui demande qui étaient ces femmes.  Il n'a pas pris de gants. Il n'a même pas cherché d'excuses.  "Ce sont mes logeuses" a-t-il souri. J'ai eu envie de le gifler mais je suis restée paralysée. Son discours m'a également paru prêt d'avance, son explication posée sur les avantages d'avoir plusieurs copines : Pas de loyer à payer, de repas à préparer, même pas besoin de bosser. Il se débrouillait comme cela depuis des années. Je ne me souviens plus de mes mots exacts mais je lui ai dit que cette situation était impossible pour moi. Il a ri.

"Tu n'en vaux pas la peine."

Cette phrase restera gravée au burin dans ma mémoire. Considérée comme une moins que rien, un objet, je ne sais plus si je dois être en colère ou pleurer toutes les larmes de mon corps.

J'erre en silence dans les rues de Lille, comme un fantôme que personne ne voit. Les battements de mon cœur semblent suivre le martèlement de la pluie, dans la douleur.  Les mots me semblent superflus pour exprimer la profondeur de mon désarroi. J'ai tout quitté pour lui, il m'a quittée comme si je n'étais rien, avec son sourire si parfait et enjôleur, la même expression que s'il me demandait gentiment l'heure.  Il pleut, mais aucune eau ne pourra panser la blessure. Pire, je n'arrive même pas à le haïr. Je ne sais combien de temps il me faudra pour renaître, mais peut-être simplement parce que "cela n'en vaut pas la peine."