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Elle désirait un enfant, il la trompe avec un homme

Dimanche 29 novembre 2009

Pour Jessica, tout roulait avec son compagnon, c'était l'amour fou. Et puis est venue la question de faire un enfant, et patatra, la réaction de son amoureux a été pour la moins... étonnante!

J'étais avec mon concubin depuis 10 ans. Avec lui, ca a tout de suite été le coup de foudre, le grand amour de ma vie. Il est beau à faire fondre n'importe quelle fille et surtout, c'est un homme à l'écoute, qui était toujours là pour m'aider quand je n'avais pas le moral. Je l'ai rencontré il y a 10 ans et nous n'avons pas mis très longtemps à se mettre en ménage. Ensemble, on a fait des tas de choses. On sortait tous les week-end, on allait au cinéma, on allait en vacances à la neige ou au soleil...

Au bout de 5 ou 6 ans dans un bonheur total, quelque chose me manquait. Je voulais un enfant. Quand je lui en ai parlé, il a esquivé le sujet plusieurs fois, l'air bien embarrassé. Et plus je lui faisais part de ma demande, plus il se renfermait. J'avais même l'impression que le dialogue était devenu impossible. Un jour, dans une dispute, il m'a clairement fait comprendre qu'il ne supporterait pas d'avoir un enfant, d'être papa et de l'élever. Je l'ai évidemment très mal pris, parce que, pour moi, si tu aimes assez fort une personne, tu as forcément envie de procréer avec. C'est comme ca que ca se passe dans les couples normaux non? Alors j'ai pris cette réponse pour moi même et à partir de là, nous avons commencé à nous éloigner l'un de l'autre. J'avais une peur bleue qu'il me quitte, mais je me disais qu'avec le temps, ça finirait par arriver si on ne trouvait pas une solution. Seulement voila, je ne savais pas ce qui le chagrinait, et j'étais trop fière pour m'en intéresser. J'avais été attaquée en tant que femme et mon envie d'avoir un enfant était plus forte que tout. Au fil des années, c'est moi qui ai fini par me lasser, quand je me suis rendue compte que son choix était irrévocable, jai commencé à vouloir aller voir ailleurs. Il faut dire aussi qu'il était de moins en moins souvent à la maison. Il y a 15 jours, un soir, alors qu'il ne rentrait pas, j'ai acceptée l'invitation d'une amie dans un bar pour aller boire un verre. Je ne me doutai pas un seul instant de ce que j'allais voir. Mon amie était lesbienne et aimait fréquenter les bars où elle pourrait rencontrer l'âme sœur. Cela ne me dérangeait aucunement alors je l'ai suivi, lasse d'attendre toujours le retour de mon petit ami qui était devenu un fantôme à la maison. En entrant dans le bar, je l'ai tout de suite reconnu, dans un fauteuil, enlacé dans les bras d'un homme, l'embrassant fougueusement et tendrement...

Il ne m'a pas vu. Je me suis esquivée tout de suite et je suis rentrée chez moi. J'étais dégoûtée. Je ne comprenais pas bien... Je me sentais doublement trahis... Mais tout s'expliquait enfin. Quand il est rentré, j'étais décomposée, en larmes. Je n'ai pas pu m'empêcher de le fixer avec un air accusateur. Il est resté planté la et s'est mis à pleurer comme un enfant. A genoux, il pleurait toutes les larmes de son corps, et je restais là, sans bouger, à le fixer. J'avais mal de le voir dans cet état. J'aurai eu envie de le prendre dans mes bras et de le consoler comme un petit garçon, mais le sentiment de trahison passait au dessus. Il avait compris que je savais, ou alors, peut être avait-il été mis au courant par mon ami de ce que j'avais découvert. Pendant une semaine, je suis partie chez ma mère, sans aucunes explications, sans aucunes nouvelles. Et, hier, il est venu me voir. Il a frappé à la porte et m'a demandé de lui accorder un peu de temps pour m'expliquer. Autour d'un verre, j'ai accepté de l'écouter. Et il m'a tout raconté. Il avait toujours été attiré par les hommes. Mais il ne voulait pas faire de peine à son père et être rejeté par sa famille. Alors, comme tous les hommes "normaux", il a trouvé une femme et s'est mis en ménage. Il m'a juré qu'il ne m'a jamais trompé avant cette année, et que mon désir d'avoir un enfant avait tout réveillé en lui. Mais il ne m'a pas choisi au hasard. Je lui plaisais vraiment et on partageait tellement de choses qu'il pensait que nous aurions pu vivre comme ca toute notre vie sans jamais révéler son secret et au final, sans jamais vivre sa vie...

Aujourd'hui, je me sens soulagée d'avoir eu cette conversation avec lui. Je suis peut-être stupide, mais je ne peux pas lui en vouloir pour ça. Ce n'est pas vraiment une trahison. Il a vraiment essayé... Je l'aime trop pour lui en vouloir, même si me séparer de lui et l'imaginer avec un homme me fait mal. Mais je sais maintenant que je n'ai pas fauté, que je n'ai rien à voir la dedans et qu'il faut simplement que je tourne la page. C'est encore trop tôt pour dire si on continuera de garder des liens aussi forts en tant qu'ami. Mais je veux tout tenter pour y arriver. Aujourd'hui je pleure, mais demain je verrai mon rêve se réaliser. Je rencontrerai le futur père de mes enfants et j'espère qu'ils pourront connaître celui qui a fait battre mon cœur pendant dix ans, même si ce n'est qu'en tant qu'ami. Je lui ai seulement demandé pour le moment de ne pas m'emmener son petit ami, parce que je ne me sens pas assez forte pour supporter de le voir s'ouvrir à quelqu'un d'autre que moi.

Il la quitte pour sa meilleure amie

Lundi 23 novembre 2009

Comment réagiriez-vous si votre petit ami partait avec votre meilleure copine? Voici un témoignage envoyé par Aurélie qui traite d'un cas de ce type.

Je ne sais pas encore comment me remettre de ce qui vient de m'arriver il y a un mois. J'avais un petit copain depuis presque trois ans. Il était tout ce que j'avais. On s'était rencontrés au lycée. On était dans la même classe. C'était un garçon très gentil et il plaisait à toutes les filles. Comme il était un peu timide, j'avais fait le premier pas, en lui écrivant une lettre d'amour aidée de ma meilleure amie. Je pense que j'aurais dû voir plus tôt ce qui allait arriver. Pendant les trois années passées avec lui, on faisait souvent des sorties avec ma meilleure amie. On allait au cinéma, on passait des journées entières dans des fêtes foraines. Ils s'entendaient à merveille. En fait... J'ai toujours su au fond de mon cœur qu'elle lui plaisait plus que moi. Mais c'était moi sa petite amie, et il m'a dit tant de fois qu'il m'aimait! Elle aussi, je sentais bien qu'elle était attirée par lui, même si elle prétendait le contraire. Je suis sure que si nous n'avions jamais été ensemble lui et moi, ils auraient formé un couple plus tôt. Moi qui suis très naïve, j'ai fermé les yeux et je les ai laissé avoir une amitié forte l'un pour l'autre. On était devenu un groupe inséparable et je n'ai pas peur d'avouer que ca me faisait plaisir. Et puis elle était ma meilleure amie et je n'aurai jamais pensé qu'elle puisse me faire une chose pareille. Et surtout, j'ai cru qu'il l'avait oublié... j'ai vraiment cru qu'il gardait juste une grande sympathie pour elle, mais que j'avais réussi à le faire s'intéresser à moi et uniquement à moi. Bref, il y a un mois, il m'a téléphoné et a demandé à ce qu'on se retrouve dans un parc pour discuter. J'étais vraiment très heureuse parce que je ne l'avais pas vu depuis une semaine à cause de la préparation de ses examens. En tant que petite amie dévoué à son homme, j'avais jugé nécessaire de le laisser tranquille toute cette semaine pour qu'il puisse réviser ses leçons en paix et réussir ses examens. Je ne me doutais pas de ce qui allait se produire durant ces sept jours sans moi. Après le lycée, je n'ai pas suivi sa voie. Moi je suis partie dans une école de théâtre et lui dans une fac de lettres, comme elle... Ils sont dans la même classe.

Bref, toute heureuse de sa proposition, je l'ai retrouvé dans ce parc où on aimait aller tous les trois. Il était souriant mais avait l'air distant et vraiment étrange. Alors au bout d'un moment je lui ai demandé s'il allait bien, pensant qu'il avait peut-être loupé ses examens. Et c'est là qu'il m'a suggéré qu'on parle de nous. Il m'a dit que lui et moi, on ne pouvait pas continuer comme ça, qu'il ne pouvait plus se cacher la vérité ni me mentir, et que s'il attendait encore, j'allais en souffrir encore plus. J'ai tout de suite compris où il voulait en venir et je n'avais vraiment pas envie d'en parler. J'ai essayé de lui expliquer que ce qu'il disait n'avait pas de sens, qu'on était heureux ensemble et que si ce n'était pas le cas, on ne serait pas ensemble depuis si longtemps. C'est là qu'il a vidé son sac... Il m'a dit que depuis le début, il était très amoureux de ma meilleure amie, qu'il l'avait toujours aimé, mais que, comme il avait été trop vite avec moi et qu'elle était mon amie, il n'osait pas tenter quelque chose. Il m'a dit qu'il m'aimait vraiment beaucoup, que je resterai toujours quelqu'un de très cher pour lui, mais qu'il ne voulait pas passer à côté de quelque chose... C'est là que j'ai compris qu'ils s'étaient vus en mon absence, alors que je le pensais en train de réviser sagement. Elle lui a avoué ses sentiments en pleurant et lui a demandé de faire un choix. Il m'a juré qu'ils n'avaient encore rien fait. Ils se sont juste pris dans les bras l'un de l'autre, mais elle lui a demandé de faire un choix, et il l'a choisi elle. Je n'arrive pas à comprendre. Pourquoi elle et pas moi? Qu'est-ce qu'elle a de plus que moi? C'est moi qui l'ai aimé durant ces trois années! C'est moi qu'il a aimé! Est-ce que ses mots d'amour étaient à chaque fois des mensonges? Est-ce qu'il pensait à elle quand il me les disait ou quand il me faisait l'amour? C'est insupportable! Et elle? Pourquoi est-ce qu'elle était mon amie? Pour se rapprocher de lui? Pourquoi m'avoir aidé à sortir avec au lycée si elle l'aimait? Et pourquoi l'avoir nié quand je lui ai posé clairement la question... Le pire de tout, c'est qu'elle lui a interdit de me parler et qu'il ne me regarde même plus quand on se croise dans la rue. Même pas un bonjour alors qu'on a partagé tant de choses! Et quand je suis allée la trouver, elle m'a simplement dit qu'elle était désolée mais qu'elle ne pouvait plus se taire et qu'elle ne pensait pas qu'on pourrait rester amis tous les trois. Je me suis faite doublée, évincée... Je ne sais pas quoi faire pour me vider la tête et oublier. Je ne pourrais jamais tirer un trait sur lui. Il me manque et je lui en veux. Quant à elle, je voudrais la voir souffrir comme je souffre aujourd'hui.

Une rupture comme une autre

Mardi 17 novembre 2009

La rupture de Julie qui pensait avoir trouvé l'âme soeur. Elle raconte ses quatre années d'amour avant la fin d'une relation sentimentale en laquelle elle avait cru.

Il n'y a pas grand chose à en dire. C'est une histoire comme une autre, une rupture comme une autre. Je veux juste savoir comment faire pour oublier, comment tourner la page. Comment dormir la nuit sans rêver de lui ou encore comment ne pas y penser.

Ça faisait quatre années qu'on était ensemble. Durant ces quatre années, il y a eu des hauts comme des bas. Mais globalement, je peux affirmer qu'on s'entendait bien et qu'on partageait plein de choses. Par exemple, on aimait tous les deux l'animation japonaise, la musique et manger au restaurant. Les deux premières années ont été superbes. On se voyait tous les jours et en règle générale on s'amusait bien. Et puis il est parti faire son stage de fin d'étude à Paris. A partir de là, on ne s'est plus vu que les week-ends. Il revenait le vendredi soir et repartait le dimanche. Il fallait alors s'organiser pour réussir à voir sa famille et la mienne tout en ne négligeant pas notre couple. On ne vivait pas ensemble. J'ai un appartement étudiant dans la ville où j'étudie et lui un appartement dans Paris. Cette situation qui devait être éphémère est devenue notre quotidien. Je l'ai accepté parce que je voulais qu'il soit épanoui dans ce qu'il faisait et qu'il n'ait pas à me reprocher plus tard que je l’empêchais de faire ce qu'il aime. Peut-être que c'est ça mon tort, peut-être que je n'aurai jamais du être compréhensive.

Bref, deux mois avant notre séparation, je l'ai trouvé très étrange. Il avait changé. Il ne me parlait plus comme avant. J'étais devenue son pote. Plus de câlins, plus d'attention comme un homme amoureux. Il était sans cesse en train de me reprocher que je ne comprenais pas son sentiment envers la musique. Il me disait aussi les moments où on riait qu'on aurait fait de superbes amis. Je sentais bien que quelque chose se tramait et comme je devais partir quelques mois dans un autre pays pour mes études, je voulais crever l'abcès avant. Sauf que lorsque je lui en parlais, il me disait que je me faisais des idées. Un jour, au téléphone, je lui ai demandé clairement s'il m'aimait encore et il m'a répondu qu'il ne savait pas. La veille de mon départ, il s'est montré très tendre et je me suis dit qu'au final, mon départ allait peut-être ressouder ce qui s'était brisé sans que je ne fasse quoi que ce soit.

En fait, c'est tout le contraire. Une fois partie, il a attendu une semaine pour me demander un break de deux mois que j'ai refusé, ce qui a fini sur une rupture. Autant dire tout de suite que ces deux mois à l'étranger ont été un véritable cauchemar. Je devais sans cesse me montrer heureuse et souriante alors que j'avais juste envie de pleurer, de m'allonger et de ne plus me relever. Quand je suis revenu, j'ai du insister pour enfin avoir une explication.

Je n'ai rien fait... Ce n'est pas moi, c'est lui. Il est perdu. Il ne peut plus assumer notre histoire de couple. Ses sentiments ont changé. Pourquoi? Pour rien! Comme ça! Paf, une lubie! J'étais sure qu'une autre fille se cachait derrière tout ça. J'ai fait mes recherches bien approfondies mais je n'ai strictement rien trouvé. Pendant un moment on ne s'est plus parlé. Aujourd'hui ca va faire 5 mois que l'on est séparé et on se reparle régulièrement. Il m'envoie des mails tous les jours, on se téléphone et on se voit même. Il se montre très gentil, m'offre des cadeaux et je n'arrive pas à cerner... Est-ce pour se déculpabiliser? Est-ce qu'il m'aime encore? Y a t-il un moyen pour que je le récupère?

Le pire de tout c'est que je ne pensais vraiment pas réagir comme ça. Je pensais que le fait de partir allait m'aider à l'oublier. Je ne pensais pas l'aimer autant. Je dis toujours qu'il n'est pas l'amour de ma vie. J'en ai aimé seulement un comme une folle et je ne l'ai pas gardé. Mais je pense que je fais fausse route. Je ne sais pas comment faire pour l'oublier et m'intéresser à quelqu'un d'autre. Les autres hommes me paraissent fades. Il faut toujours que je les compare. Et comment faire pour retrouver autant de complicité avec quelqu'un d'autre? Comment partager autant de choses? On aimait la même chose. On pouvait parler de tout. Il m'avait soutenu à la mort de mon meilleur ami comme personne ne l'aurait fait. Quand je suis loin de lui et que j'y pense, je ne peux m'empêcher de dire que c'est un connard. Mais en face de lui, je perds toute volonté. Je n'arrive pas à lui en vouloir et pourtant, au fond de moi je le déteste de m'avoir abandonné comme ça, et d'être tout mielleux. Je suis sure que lui non plus ne peut pas se passer de nos moments, et pourtant, quand je lui parle d'un éventuel retour, il esquive le sujet. Il fait comme si je n'avais rien dit ou demandé. Il ne parle pas de ce qu'il ressent, comme si il n'en avait rien à foutre? Est-ce qu'il essaie réellement de faire de moi sa simple amie? Je ne veux pas être une simple amie! Des amis j'en ai des tas! Je veux qu'il soit mon petit ami. Comment faire pour qu'il comprenne et qu'il revienne. Rien que le fait de penser qu'il pourrait se mettre avec une autre, je deviens folle.

La curiosité est un vilain défaut

Dimanche 8 novembre 2009

Un chagrin d'amour à Lille. Pamela nous raconte comment elle s'est fait avoir par un garçon qu'elle pensait amoureux d'elle.

Les yeux rivés au sol, je compte les écailles de la rue de Béthune, longue voie pavée et animée, cœur commercial de Lille. Cela fait deux mois que je vis ici, je ne connais personne ici, à part lui, enfin, connaître est un grand mot. J'ai quitté Paris et ses lumières, mon travail, mes amis et ma famille pour lui.  Lui et ses yeux d'un bleu limpide, son large sourire que je pensais m'être exclusivement réservé. J'ai été stupide, peut-être, ou simplement amoureuse…

Je me souviens, c'était il y a un an. Baladeur sur les oreilles, écharpe sur le nez, je fonçais tête baissée hors du métro à Châtelet.  A Paris, on s'habitue vite aux bousculades et je n'ai pas fait attention cette fois-là. Je n'ai même pas sursauté quand il est venu tapoter mon épaule pour me rendre mon portefeuille miraculeusement apparu dans sa main. Je venais d'essuyer une averse et une nuit blanche, les cheveux sales, les yeux cernés, je ne m'étais jamais sentie aussi moche mais lui avait semblé s'en ficher.

Son sourire en coin révolver et son regard percèrent mon cœur, ses doigts effleurant les miens. J'avais eu la présence d'esprit de vouloir le remercier d'un café. En y pensant, j'aurais mieux fait de me mordre la langue. Plus tard, j'ai appris que c'était lui qui m'avait volée, pour attirer mon attention, j'aurais dû comprendre à ce moment là qu'il n'était pas tout à fait sain d'esprit.

Suite à cette rencontre, je n'avais eu de cesse de penser à lui, son allure désinvolte, son habileté à parler de tout et de rien en dégageant pourtant un charisme incroyable. C'était dingue, je comprenais à peine ses mots les plus simples tant sa présence magnétique brouillait mes perceptions. Encore aujourd'hui, je suis sous influence, je le sens, car lorsqu'il m'a dit tout à l'heure "Tu n'en vaux pas la peine", je n'ai même pas été capable de comprendre tout de suite l'acidité de ces mots.

Aujourd'hui encore, il pleut. Les couples se serrent sous de multiples parapluies colorées, certains rient, d'autres adoptent une expression de circonstance par ce temps. Nul ne me voit pleurer, mes larmes se mêlent à l'averse. J'ai froid. Je sers mon sac contre moi comme une peluche. J'ai mal. Rien ne parvient à apaiser mon cœur douloureux.

Nous nous sommes vus régulièrement pendant trois mois, jusqu'à ce qu'il me dise vouloir retrouver sa région. Je n'ai pas réfléchi une seconde, j'ai négligé les avertissements de mes amis et je l'ai aussitôt suivi. J'avais trouvé raisonnable sa volonté de ne pas vivre avec moi, après tout, notre couple était tout jeune, et j'ai loué un studio minuscule prêt de la gare.  Je n'ai jamais retrouvé de travail. Lui me promettait être sur "un gros coup" selon son expression. En attendant, je le dépannais du mieux que je pouvais. Cela m'importait peu car s'il était heureux, moi je l'étais deux fois plus.

J'ai froid à présent.  Je ne veux pas retrouver les murs exigus de mon appart. Il y a trop de souvenirs : nos photos, ses post-its sur le frigo, sa tasse préférée encore sur l'évier, le canapé-lit où nous faisions l'amour… Tout s'est fait petit à petit et j'étais aveugle. Son regard posé sur moi voyait plus loin que l'apparence, jusqu'aux trois pauvres chiffres de mon compte en banque. Je n'ai jamais été riche, ni n'en ai eu l'allure mais cela lui importait peu. Mieux valait une série d'amoureuses suffisamment naïves pour l'entretenir qu'une seule. Il visait sans doute la sécurité en agissant de la sorte mais c'est ce qu'il a perdu. La curiosité est un vilain défaut, il lui a suffi d'une faille dans son plan si parfait.

Ce matin, je me suis réveillée seule. Une fois de plus ou de trop, il est parti en pleine nuit mais cette fois-ci, il a oublié son portable. Ma première intention avait été de chercher un numéro où le joindre, de type parent ou boulot. Dans une liste comprenant presque exclusivement des "blonde 1", "blonde 2", "rousse de Lomme" ou autre, j'étais bien loin de trouver mon bonheur. En me reconnaissant dans "La parisienne", j'ai subitement compris : j'étais un numéro dans une liste, rien de plus…

J'étais déterminée à le retrouver où qu'il puisse être et par ironie du sort, c'est en quittant le métro que nos épaules se sont bousculées. Pour la première fois, j'ai vu son sourire factice, répété à la perfection comme un rôle savamment appris. Il n'a même pas remarqué mon émoi, pas avant que je n'ouvre la bouche et lui demande qui étaient ces femmes.  Il n'a pas pris de gants. Il n'a même pas cherché d'excuses.  "Ce sont mes logeuses" a-t-il souri. J'ai eu envie de le gifler mais je suis restée paralysée. Son discours m'a également paru prêt d'avance, son explication posée sur les avantages d'avoir plusieurs copines : Pas de loyer à payer, de repas à préparer, même pas besoin de bosser. Il se débrouillait comme cela depuis des années. Je ne me souviens plus de mes mots exacts mais je lui ai dit que cette situation était impossible pour moi. Il a ri.

"Tu n'en vaux pas la peine."

Cette phrase restera gravée au burin dans ma mémoire. Considérée comme une moins que rien, un objet, je ne sais plus si je dois être en colère ou pleurer toutes les larmes de mon corps.

J'erre en silence dans les rues de Lille, comme un fantôme que personne ne voit. Les battements de mon cœur semblent suivre le martèlement de la pluie, dans la douleur.  Les mots me semblent superflus pour exprimer la profondeur de mon désarroi. J'ai tout quitté pour lui, il m'a quittée comme si je n'étais rien, avec son sourire si parfait et enjôleur, la même expression que s'il me demandait gentiment l'heure.  Il pleut, mais aucune eau ne pourra panser la blessure. Pire, je n'arrive même pas à le haïr. Je ne sais combien de temps il me faudra pour renaître, mais peut-être simplement parce que "cela n'en vaut pas la peine."

Lancement de chagrindamour.net

Jeudi 5 novembre 2009

Chagrin d'amour (chagrindamour.net) a été créé pour recueillir des récits de ruptures et de réconciliations réels. La rupture amoureuse est un événement qui arrive à la plupart des personnes et pourtant, on a souvent de la peine à en parler. N'hésitez pas à coucher sur le papier (façon de parler) le récit de votre rupture et de la réconciliation s'il y en a une. Cela vous soulagera. Nous en publions sur ce site, ce qui permet de se rendre compte que tout le monde peut traverser ce genre d'épreuves.